Basile Bernard Reflexions, baratin et autres conneries sans consequences (enfin pas toujours…)

20oct/093

Projet te Autaeaeraa, pauvre solidarité…

La presse fait cette semaine ses choux gras de la future probable faillite de la CPS (lire ici : Risque de faillite de la CPS dans deux ans… et sur Tahiti Presse )
La plupart des articles semblent accuser à demi-mot le projet Te Autaeaera'a qui, depuis sa mise en place, génèrerait hypothétiquement un déficit croissant.
Les gens avec qui j'aborde ce sujet semble ignorer beaucoup de choses à propos de ce projet, et il me semble important de vous livrer mes souvenirs (et j'ai généralement une bonne mémoire) sur la question :

Rappel des épisodes précédents :

  • En 2005-2006, Christian Vernaudon propose un projet baptisé Te Autaeaera'a destiné (pour simplifier) à soulager la pression fiscale sur les bas salaires en reportant l'effort de cotisation sur les salaires plus importants.
  • Techniquement, il s'agit de baisser les points de cotisations salariales et patronales en augmentant la CST.
  • Les taux sont définis à partir de la masse salariale territoriale pour un résultat nul, la hausse de CST compensant la baisse de cotisation.
  • Lors de ses nombreuses présentations du projet, Christian Vernaudon prend son propre exemple en expliquant que "sur [son] salaire de 1,5M XFP, cela représente une baisse d'un peu moins de 100 000 XPF" ce qui montre bien l'intention du projet (et sa dénomination) la solidarité.

Sur ce, le projet faisant son chemin, le syndicaliste Ronald Terorotua décide qu'il est inadmissible d'augmenter la CST (Contribution SOCIALE Territoriale) pour financer le projet. S'en est suivi un des plus gros blocages de la ville, jusqu'à la signature d'un protocole d'accord qui suspend l'utilisation de la CST comme moyen de financement du projet.  (voir ici : http://terimanoteea.centerblog.net/52654-Signature)

En clair, augmenter les bas salaires, oui, mais pas en ponctionnant les hauts salaires. Et Ronald fait "parler la rue" à la tête d'un cortège de smicard qui ne sont pas du tout concernés par la CST, puisqu'elle ne s'applique pas à ces niveaux de salaire.
Difficile dans ces conditions de ne pas soupçonner Ronald d'avoir des intérêts divergents de la base du syndicat qui l'emploi. Difficile de ne pas s'interroger sur la motivation de ces smicards puisque leur combat (faire abandonner le financement de Te Autaeaera'a par l'augmentation de la CST) n'aurait eu aucun impact sur leur rémunération. Difficile aussi d'avaler qu'un projet qui avait la noblesse et les valeurs du partage puisse être foulé au pied par des nantis qui instrumentalisent des troupeaux de Smicard pour éviter de mettre la main à la poche au profit... de ces mêmes Smicards !

Je gagne correctement ma vie, et j'aurais aimé voir ces points de CST prélevés sur mon salaire plutôt que d'assister aujourd'hui à une situation prévisible de "probable future faillite de la CPS"...

PS : J'ai historiquement été employé à Air Tahiti, et il existait donc un lien de subordination entre Mr Vernaudon et moi-même, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Cette précision évitera peut-être au lecteur de me prêter une allégeance ou une volonté qui n'est pas la mienne, quelque soit le respect que je porte à Mr Vernaudon.